TANGUER À LA VIE :

Avec cette série, il y a lʼenvie de se replonger dans la série «les brouillons» mais en agrandissant le geste et en voulant se noyer dans la couleur. Changer de format est un jeu de « yoyo » quand on est peintre. Il évoque une envie, un besoin, une nécessité de passer dʼun espace petit à un espace plus grand. Quand il est petit, il concentre lʼénergie, il convoque la méditation et lʼintime. Il amène le détail où se joue une relation étroite entre la toile, la main et le regard. Quand il est plus grand, il invite le corps dans son entièreté, le geste, le mouvement, lʼéquilibre... Il faut trouver ce point dʼinfluence entre le motif et lʼaction. Il invite pleinement le spectateur... Cherche à le capturer dans la couleur. Inviter est le mot que lʼon garde, quʼimporte le format de la peinture. Une convocation à la narration dʼune histoire que chacun peut se raconter... Tanguer à la vie, cʼest lʼidée de se laisser porter au hasard des balades. Ça parle de déambulation, de voyage, de paysage... Ça parle de motif, de forme, de couleur ... Ça parle de rencontre, de coïncidence, de quotidien... Dans cette série, on ressent cette notion de présence/absence. Des ombres qui évoquent un hors-champ ne demandant quʼà rentrer dans le cadre. On peut imaginer le reste du paysage qui fait suite à ce que la peinture a mis en évidence. Il y a aussi des éléments du quotidien, tels que des chaussures, des toilettes publiques, un seau à serpillière, qui montrent des présences humaines aux travers de ces objets banals du quotidien. Des objets qui ne sont pas ces détails que lʼon trouve doux et que lʼon souhaite mettre en avant. Ici il deviennent motifs de décoration, témoignages dʼun passage et de se rapport que lʼon a à lʼesthétique dans lʼinfime invisible. Tanguer à la vie, cʼest vivre avec des hauts et des bas, du moche et du beau, du vrai et du faux... Mais cʼest surtout avancer.